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Tout savoir sur la période d’affûtage d’un nageur

Ca y est, l’objectif final de la saison approche. Championnats nationaux jeunes pour certains, championnats d’Europe pour d’autres. Tous vont pouvoir enfin en découdre et exprimer les progrès qu’ils ont effectué au cours de leur saison. Une dernière étape importante qui servira à bonifier tous les efforts effectués. Reste cependant à mettre en place : l’affûtage ! Cette phase amènera les nageurs à aborder la compétition dans les meilleures conditions après de longues semaines d’entraînement intensif.

Denis Auguin, Directeur Technique National et entraîneur d’Alain Bernard nous répond :

A

– Qu’est-ce que l’affûtage ? L’affûtage est la potentialisation de tout ce qu’on a travaillé tout au long d’un cycle d’entraînement (physique/technique/mental) dans l’eau et à sec à travers une diminution de la charge d’entraînement (volume/intensité).

– Que recherche-t-on lorsqu’on s’affûte ? On recherche une augmentation des capacités physiques appelée la « surcompensation ». Suite à une longue et importante période de travail, permettre à l’organisme de récupérer amène en principe (si on a bien travaillé), une élévation des niveaux physiques au dessus du point de départ (force, endurance de force, explosivité…). On recherche également une amélioration des coordinations de nage à allure de course ainsi qu’une fraîcheur physique et mentale. C’est aussi la période des derniers réglages avant la course.

– Quand commencer une période d’affûtage ? L’affûtage a une durée variable suivant les athlètes et les distances de courses. Certains n’ont besoin que de 10 jours sinon leurs capacités décroissent avant le début de la compétition. Au contraire, d’autres nageurs ont besoin de 4 semaines d’affûtage.

– Quelles sont les différences majeures entre la période d’entraînement intensif et la période d’affûtage ? C’est très variable mais le volume peut être diminué par 5 par rapport à une semaine normale. Les intensités diminuent également à la fin de l’affûtage avec quelques rappels à haute intensité qui se font souvent sur les allures de course. Le nombre de séance d’entraînement dans la semaine est aussi en baisse, il faut faire attention à ne pas prendre de poids car la dépense énergétique est beaucoup plus faible. Enfin, l’accent est mis sur le sommeil, le calme et la sérénité.

– Comment faire pour que l’affûtage ne se transforme pas en « désentraînement » ? C’est bien là tout l’art de bien affûter un nageur; Le nageur doit se prendre en charge en gérant ses sensations. Au niveau de l’entraîneur, l’expérience est primordiale, il faut trouver le juste équilibre entre reposer l’athlète au maximum sans qu’il ne perde le bénéfice du travail effectué. On peut cependant en faire très peu dans les derniers jours avant la course à condition que la qualité de travail soit exceptionnelle. Pour une même épreuve disputée par des nageurs différents le même jour, on peut avoir des stratégies assez différentes car chaque nageur va réagir de façon différente. Il faut noter qu’au cours de l’affûtage, le nageur va souvent récupérer de façon significative la première semaine, puis avoir la sensation d’être « entre deux eaux » et enfin vraiment sur-compenser les derniers jours précédents la course.

La zone d’affûtage est donc la période où le compétiteur va chercher à préserver ses acquis, tout en réduisant l’état de fatigue qu’il a accumulé, pour arriver au maximum de ses possibilités le jour de la compétition . L’augmentation de la performance sera de l’ordre de 3%.

En résumé, en période d’affûtage (période de 10 à 28 jours)
– L’intensité est maintenue
– Le volume d’entraînement diminue de 40 à 60%
– La fréquence des entraînements diminue de 20 à 30%

Voici quelques exemples de séries qu’Erwann Jacob, entraîneur de Guingamp, a mis en place au coeur de ses séances d’entraînement pour Soizic Thépot (spécialiste du 50m et 100m papillon) et Lucas Chaumont (spécialiste du 200m dos et 200m 4 nages) qui ont tous deux participé aux championnats de France jeunes.

– Série 25m, 50m, 25m avec une récupération entre chaque de 7″. C’est une simulation de course en mode allégé qui permet d’estimer en théorie la forme du nageur. Cela peut permettre de booster le moral car le temps réalisé est généralement bon.

– 5 séries de 50m avec 10 max le reste du 50m en dos souple, 20 max le reste en dos souple, 30 max le reste en dos souple… Cela permet de focaliser son attention sur une tâche, puis progressivement d’en rajouter une autre (départ puis coulée, puis reprise de nage, suivi des premiers appuis avec l’installation de la nage complète…)

– Série 50m papillon, 50m dos, 50m brasse, 50m crawl avec une récupération entre chaque de 7″.

Et vous, combien de temps dure votre période d’affûtage ?

Ecrit par:
Nicolas Vannier

Nicolas Vannier

I am a master swimmer, who learnt to swim after being inspired by taking my own children to the pool. During my youth, I spent six years as a speed skater, and later went on to enjoy biking, running, skydiving and diving (PADI Divemaster). Swimming has really complemented my sporting career, I am completely hooked on it. I love the technique, stamina , motivation, speed, power and flexibility required for it. Having invested in Club Guingamp, I have now started to photograph and film its top swimmers, in order to create underwater exercise and technique videos, which allow others (under the technical advice of trainer Erwan Jacob) to progress in this wonderful sport.

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